A side / B side – Jad Wio – The Ballad of Candy Valentine (1984)
En 1984, alors que la France underground bruisse d’influences post-punk, cold wave et batcave, un jeune groupe parisien publie un premier EP aussi énigmatique que prometteur : The Ballad of Candy Valentine.
Derrière ce disque se cache Jad Wio, formation atypique dont l’esthétique théâtrale et la liberté artistique marqueront durablement la scène alternative française.
Sorti sur le label L’Invitation au Suicide, cet EP pose les fondations d’un univers singulier, à la croisée du rock sombre, de la poésie décadente et d’un certain goût pour la provocation élégante.
Jad Wio voit le jour à Paris en 1982 autour de deux personnalités complémentaires :
Denis Bortek – chant, guitares, claviers, principal auteur et concepteur de l’univers du groupe
Christophe K‑Bye – guitares, chœurs, compositeur et co-architecte sonore
Le nom Jad Wio provient d’un personnage fictif imaginé par Bortek (Jad Wiolensky), révélant dès l’origine le goût du groupe pour la narration, la fiction et le décalage.
Dès ses débuts, Jad Wio refuse les étiquettes figées. Leur musique s’inscrit dans une zone mouvante entre :cold wave, post-punk, rock théâtral, influences glam et cabaret sombre.
À cela s’ajoute une présence scénique exubérante, souvent provocante, qui distingue Jad Wio de nombreuses formations de la même époque.
Au milieu des années 80, la scène alternative française se structure en marge des circuits commerciaux. Des labels indépendants comme L’Invitation au Suicide jouent un rôle essentiel en offrant une visibilité aux groupes cold wave, gothiques ou expérimentaux.
The Ballad of Candy Valentine s’inscrit pleinement dans ce mouvement DIY : production modeste, diffusion confidentielle, mais forte identité artistique. Jad Wio choisit alors de chanter en anglais, langue dominante dans les scènes post-punk européennes.
1. The Ballad of Candy Valentine (Face A)
Le morceau est attribué à J.W. Nevero. Il s’agit d’un pseudonyme, utilisé par Jad Wio, et plus précisément lié à Denis Bortek, pour signer certaines compositions ou paroles au début du groupe.
Véritable pièce centrale du disque, ce morceau impose immédiatement l’univers de Jad Wio. Mélancolique et théâtral, il évoque une figure féminine presque mythologique, oscillant entre romance noire et fantasme décadent.
Ce morceau deviendra l’un des titres emblématiques de la première période du groupe.
2. Cellar Dance (Face B)
Plus nerveux et rythmique, Cellar Dance révèle l’énergie brute de Jad Wio.
Les guitares y sont plus tranchantes, presque dansantes, annonçant l’importance du groupe sur scène. Le titre préfigure l’orientation rock plus affirmée que Jad Wio développera par la suite.
3. Wiolet Oracle (Face B)
Titre plus expérimental et atmosphérique, Wiolet Oracle plonge dans une ambiance ésotérique et introspective.
La pochette de The Ballad of Candy Valentine reflète parfaitement l’esprit de l’époque : sombre, énigmatique, sans concession commerciale.
Elle s’inscrit dans une tradition graphique propre aux labels indépendants des années 80, où l’image sert avant tout à prolonger l’univers artistique du disque.
Bien que resté confidentiel à sa sortie, The Ballad of Candy Valentine est aujourd’hui considéré comme un disque fondateur dans la discographie de Jad Wio.
Les trois titres seront plus tard intégrés au premier album Cellar Dreams (1986), consolidant leur importance.



