Live Report by Romu – New Order – Le Grand Rex Paris – 11/10/2019

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Je découvre New Order vers 1984-1985 sur la BBC et lors des l’émissions “Pulsions” sur Radio Bretagne Ouest. A l’époque, l’animateur passait régulièrement leurs singles: Blue Monday, Perfect Kiss, Touched By The Hand Of God…Rapidement, les K7, les pirates, les vinyles, puis cd, Dvd et coffrets collector se sont empilés puis classés minutieusement dans ma discothèque. Bref, une histoire d’amour vieille de 35 ans.

En ce vendredi soir, me voilà avec Cat The Cat, Tuco, mon fidèle pote de plus de 35 ans, Karine et Christophe devant l’entrée du Grand Rex à Paris qui fera le plein avec ses 2500 places. Heureux, comme des gamins de 15 ans. On a changé, le groupe a évolué, mais la passion reste intacte. Hooky n’est plus là. Qu’importe, après un divorce il faut savoir se reconstruire.

Nous ratons la première partie assurée par Stolen, un groupe techno-rock psychédélique en provenance de Chine. D’après mon voisin italien, “c’était bien, sans plus…”

La lumière s’éteint. Une vidéo est projetée sur l’écran géant situé à l’arrière de la scène. Des films ou vidéo clips agrémenteront de belle manière, une set liste impeccable.

Le premier coup de basse de Tom Chapman lance le concert. Ça commence fort avec Age of consent. Barney, Gillian, Stephen et Phil suivent le rythme. New Order nous rappelle qu’avec Power, Corruption and Lies sorti en 1983, le groupe a fait sa révolution. Le public est déjà conquis.

Restless, le single qui signait le retour discographique des mancuniens en 2015, rappelle aux plus jeunes, que New Order sait écrire de très bons singles.

Nous sommes agréablement surpris car ce soir, la voix de Barney est en place. Elle se fait grave sur She’s Lost Control. Un morceau que Ian Curtis  avait écrit en hommage à une jeune femme, épileptique comme lui, qui décédera à la suite d’une crise. Disorder clôt la session post-punk. La batterie de Stephen Morris sonne comme le souhaitait Martin Hannett sur Unknown Pleasures, il y a 40 ans.

Ensuite, Academic, l’un de mes morceaux préférés de Music Complete, enflamme le public cosmopolite du Grand Rex. C’est la fin de la partie rock du concert.

La seconde session sera dansante et transformera la salle en un night club, l’Haçiendra revit à Paris! En douceur d’abord, avec Your Silent Face, le merveilleux titre du second album de 1983. Ce morceau sera aussi un virage dans la soirée. Plus personne n’est assis depuis longtemps, tout le monde danse.

A thought that never changes
Remains a stupid lie
It’s never been quite the same
No hearing or breathing

Dix minutes de pur bonheur. Les fans sont hypnotisés par le mélodia de Barney.  Sumner serait il  Le Joueur de flûte de Hamelin? Le synthé de Gillian Gilbert résonne, la basse donne le rythme.

Puis à mon sens, un petit coup de mou avec Word ( Republic 1993) que New Order a décidé de rejouer en Live. J’aurais préféré Spooky! Au tour de Tutti Frutti, de nous remettre dans le sens du dancefloor avec un son de basse façon “Frankie Goes To Hollywood”, mélangeant l’Italo-Disco, le Funk et la House.

Extrait de Low-Life (1985), Subculture se voit lui aussi revisité.

Dés les premières notes de Bizarre Love Triangle, les 2500 fans exultent. Chair de poule, madeleine de Proust, A la Recherche du Temps Perdu, les yeux embués par trop de bonheur, je me remémore leur prestation et interview en 1987 dans une émission des Enfants du Rock avec Bernard Lenoir notre grand Maître et animateur de Rockline, (ici). A l’époque, en parlant de l’album Peter Hook affirmait que Brotherhood  était une bataille rangée entre les morceaux rocks et dansants.

 

 Fine Time et Plastic se suivent dans ce Best of Live. La foule est en transe et cherche un second souffle. Cependant, pas de répit, car c’est au tour de True Faith, le plus gros tube du groupe depuis Blue Monday.  Le morceau est une suite de métaphores racontant la vie et les constats d’un junkie.

 

Un grand concert de New Order ne peut se terminer sans Blue Monday , le maxi le plus vendu au monde! Un hymne des pistes de danse, la révolutions electro de 1983. On s’est à peine remis de nos émotions que déboule sur l’écran géant, une boule à facette avec des images de nos ghetto blaster des 80’s. Tom chapman et Phil Cunningham s’amusent sur Temptation.

Une courte pause et revoilà New Order avec sur l’écran géant, un portrait du regretté Ian Curtis. Decades est un hommage poignant au parolier de Joy Division. Les fans écoutent religieusement:

“Here are the young men, the weight on their shoulders,(Voici les jeunes hommes, le poids sur leur épaules)”. L’émotion est palpable dans la salle.

 

La boule au ventre , on sait que le concert touche à sa fin. Nous ne pouvons nous quitter là dessus.

Vient alors l’hymne de Joy Division, Love Will Tear Us Apart. Le morceau, sorti en juin 1980, un mois après le suicide de Ian Curtis, est repris en chœur par la foule.

C’est fini, New Order quitte la scène du Grand Rex. Nous avons assisté à un grand concert avec un groupe qui a une nouvelle fois su se renouveler et nous livrer une prestation exceptionnelle.

Au merchandising, les fans s’arrachent le tee-shirt de la tournée ou une affiche dédicacée. Nous, ce sera deux tee-shirts. Le fiston se rendra dès le lundi, au lycée avec le sien, floqué New Order 19, souvenir de la tournée 2019! Next Generation.

 

Setlist :
Age of Consent
Restless
She’s Lost Control (Joy Division song)
Disorder (Joy Division song)
Academic
Your Silent Face
World
Tutti Frutti
Subculture
Bizarre Love Triangle
Fine Time
Plastic
True Faith
Blue Monday
Temptation
Decades (Joy Division song)
Love Will Tear Us Apart (Joy Division song)

 

You're Gonna Need Someone On Your Side