On This Day – Ride – Nowhere – 15/10/1990

Ride publiait Nowhere, son premier album, le 15 octobre 1990, chez Creation Records.

Avant même la sortie de Nowhere, le groupe britannique avait déjà fait beaucoup parler de lui avec trois EP remarqués : Ride, Play et Fall. Mais c’est avec ce premier album que le groupe formé par Mark Gardener, Andy Bell, Laurence Colbert et Steve Queralt allait véritablement inscrire son nom dans l’histoire du shoegaze.

En 1990, les membres de Ride étaient âgés de seulement 18 à 20 ans. Les longues sessions nocturnes en studio contribuèrent à créer une atmosphère particulière, presque claustrophobe, qui allait se retrouver dans les chansons.

Le disque a été enregistré live en studio, avec le producteur Marc Waterman. Le processus s’avéra particulièrement difficile : Marc Waterman connut une grave crise d’angoisse pendant les sessions et le mixage final fut finalement confié à Alan Moulder, qui deviendra par la suite une figure incontournable de la production de la musique alternative britannique.

Mark Gardener décrira d’ailleurs Nowhere comme un « nighttime sort of record », un disque de nuit. Une définition qui lui correspond parfaitement : derrière les mélodies et les guitares scintillantes se cache une sensation d’isolement, d’éloignement et parfois même d’étrangeté.

Le son de Nowhere repose en grande partie sur le travail des guitares et sur une utilisation particulièrement inventive des effets. Ride employait notamment un Roland GP-16, processeur multi-effets permettant au groupe de façonner ces textures épaisses et mouvantes qui deviendront l’une de ses signatures.

Les guitares peuvent ainsi passer d’un simple éclat mélodique à un véritable mur sonore, sans jamais perdre le sens de la mélodie. C’est précisément cette coexistence entre puissance, bruit et fragilité qui donne au disque son caractère si particulier.

La pochette de Nowhere est elle aussi indissociable de l’identité du disque. Elle présente une photographie d’une vague, réalisée par le photographe américain Warren Bolster.

Le premier pressage vinyle britannique possédait une particularité graphique : le nom du groupe et le titre de l’album étaient incrusté directement sur la pochette. Les premières éditions cassette et CD ne comportaient quant à elles aucun texte permettant d’identifier immédiatement le disque.

À l’écoute de titres comme « Seagull », « Vapour Trail », « Dreams Burn Down » ou « Paralysed », on comprend pourquoi Nowhere est devenu l’un des albums associés à l’âge d’or du shoegaze britannique.