
On This Day – Primal Scream – Screamadelica – 23/09/91
Publié le 23 septembre 1991 au Royaume-Uni, puis le 8 octobre aux États-Unis, Screamadelica marque un tournant majeur dans l’histoire de Primal Scream.
En faisant dialoguer rock, house, dub, soul, gospel, psychédélisme et culture rave, le groupe écossais va transformer en profondeur son approche musicale et livrer l’un des albums emblématiques du début des années 1990.
À l’origine davantage associé à la scène indie rock, Primal Scream s’est progressivement ouvert aux musiques électroniques et à la culture des clubs qui explosent alors au Royaume-Uni. Les expériences liées à la scène rave de la fin des années 1980, mais aussi l’influence du LSD et de la MDMA, vont largement contribuer à cette évolution.
Au cœur de cette métamorphose se trouve le producteur et DJ Andrew Weatherall, accompagné de l’ingénieur du son Hugo Nicolson. Leur travail consiste moins à simplement produire les morceaux qu’à les déconstruire pour mieux les reconstruire.
Le cas de « Loaded » est particulièrement révélateur : à partir d’un morceau existant, il construit un véritable manifeste dance en utilisant boucles de batterie, samples et éléments provenant d’autres enregistrements.
Le titre devient ainsi bien plus qu’un simple remix : une pièce centrale de Screamadelica, symbole de la rencontre entre la culture rock et celle des clubs.
Le travail de Terry Farley participe également à cette évolution, tandis que la présence de la chanteuse Denise Johnson apporte une dimension vocale particulièrement expressive à plusieurs morceaux.
Screamadelica va rencontrer un important succès commercial. L’album atteint la 8e place du classement britannique et reçoit un accueil critique particulièrement enthousiaste.
En 1992, il devient surtout le premier lauréat du Mercury Music Prize, récompense qui contribue à consacrer son importance dans la musique britannique.
Avec plus de trois millions d’exemplaires vendus dans le monde, Screamadelica s’impose progressivement comme l’un des albums majeurs de son époque et apparaît régulièrement dans les sélections consacrées aux grands disques des années 1990.
Impossible enfin d’évoquer Screamadelica sans parler de sa pochette. Réalisée par l’artiste Paul Cannell, elle est devenue aussi emblématique que la musique qu’elle accompagne.
Son inspiration provient notamment d’une tache d’humidité présente au plafond des bureaux de Creation Records. Après avoir pris du LSD, Cannell aurait visualisé cette forme sous un nouveau jour et l’aurait transformée en cette explosion de couleurs psychédéliques devenue indissociable de l’identité de l’album.
Cette pochette connaîtra d’ailleurs une nouvelle consécration en janvier 2010, lorsqu’elle sera sélectionnée par Royal Mail parmi dix pochettes d’albums classiques britanniques pour une série spéciale de timbres.
