News Littéraires – On aurait pu faire un groupe, on a fait un journal – Christophe Conte

De la passion du rock à l’aventure journalistique, Christophe Conte revient sur l’histoire mouvementée des Inrockuptibles, un journal qui a profondément marqué la culture musicale française.

Il y a des journaux qui accompagnent leur époque et d’autres qui contribuent à la transformer. Depuis leur création en 1986, les Inrockuptibles appartiennent incontestablement à la seconde catégorie.

Dans On aurait pu faire un groupe, on a fait un journal – Le roman des Inrockuptibles, Christophe Conte revient sur cette aventure éditoriale hors normes, née de la passion du rock et devenue, au fil des décennies, l’une des grandes références de la presse culturelle française.

Publié aux éditions Flammarion, l’ouvrage paraîtra le 21 octobre 2026. Ce nouvel essai de 240 pages s’annonce comme un récit personnel et historique consacré à un magazine dont l’histoire se confond avec celle de plusieurs générations de passionnés de musique.

Les Inrockuptibles apparaissent en 1986 dans un contexte particulièrement favorable à l’émergence d’une nouvelle presse musicale. Le rock indépendant, la new wave et le post-punk ont bouleversé les habitudes d’écoute, tandis qu’une génération de journalistes entend défendre des artistes encore largement ignorés par les médias traditionnels.

Le magazine va rapidement devenir l’un des lieux privilégiés où se croisent The Smiths, le Velvet Underground, David Bowie, Nick Cave, Nirvana, Sonic Youth, Pixies et quantité d’autres artistes qui vont progressivement entrer dans la culture populaire.

Mais l’histoire des Inrocks ne se résume pas à une succession de découvertes musicales.

L’une des grandes particularités du journal aura justement été de ne jamais considérer la musique comme un territoire isolé.

Au fil des années, le cinéma, la littérature, les arts, les idées et les questions de société prennent une place de plus en plus importante dans ses pages. Le magazine accompagne ainsi l’évolution de ses lecteurs et d’une culture alternative qui cesse progressivement d’être marginale.

Cette ouverture explique en partie l’influence considérable exercée par les Inrockuptibles. Le journal aura contribué à faire découvrir des artistes mais également à créer des passerelles entre différentes disciplines artistiques.

Son histoire accompagne ainsi l’émergence d’artistes aussi différents que The Smiths, David Lynch, Nirvana, Oasis ou Lana Del Rey, tout en consacrant ses pages à des figures comme le Velvet Underground, Bob Dylan, Paul McCartney ou Marguerite Duras.

Journaliste et écrivain, Christophe Conte occupe une place particulière dans cette histoire. Spécialiste du rock, il rejoint les Inrockuptibles au début des années 1990 et devient au fil du temps l’une des signatures emblématiques du magazine.

Il y développe notamment ses fameux « Billets durs », chroniques au ton incisif et volontiers caustique, qui participent à construire son identité journalistique. Il s’est également illustré par plusieurs ouvrages consacrés à la musique, notamment autour de Nino Ferrer et Étienne Daho, ainsi que par des documentaires musicaux.

Avec On aurait pu faire un groupe, on a fait un journal, Christophe Conte revient donc sur une histoire qu’il a vécue de l’intérieur.