On This Day – THE THE – Soul Mining – 21/10/1983

Sorti le 21 octobre 1983, Soul Mining est le disque qui révèle pleinement l’univers de The The.

Derrière The The se trouve Matt Johnson, musicien londonien animé par une ambition singulière : repousser les limites de la pop tout en conservant la force émotionnelle et l’esprit indépendant du post-punk. Après Burning Blue Soul, publié en 1981 sous son nom avant d’être attribué à The The lors de rééditions ultérieures, Matt Johnson envisage un nouvel album intitulé The Pornography of Despair.

Le premier single de The The, « Cold Spell Ahead », attire l’attention de plusieurs maisons de disques. À l’issue d’une compétition entre labels, le projet signe finalement chez CBS Records. Une opportunité importante pour le britannique, qui dispose désormais de moyens plus conséquents pour développer ses idées.

Les premières sessions se déroulent à New York. Matt Johnson y travaille notamment sur « Uncertain Smile », puis sur « Perfect ». Mais l’expérience ne répond pas à ses attentes. Les enregistrements sont interrompus et le musicien rentre à Londres, décidé à reprendre son travail sur de nouvelles bases.

Le projet The Pornography of Despair est finalement abandonné. De cette période subsistera notamment « The Sinking Feeling », seul titre de l’album initial à être conservé sur Soul Mining.

De retour en Angleterre, Matt Johnson compose l’essentiel du nouveau répertoire en 1983, notamment dans l’appartement de sa compagne Fiona Skinner. Avec un Portastudio et un matériel relativement rudimentaire, il élabore ses morceaux par couches successives, expérimentant les sons, les rythmes et les arrangements.

Cette méthode artisanale nourrit la personnalité du disque. Les textures électroniques côtoient les guitares, les claviers et les interventions de musiciens invités. Matt Johnson cherche à s’éloigner des structures classiques du rock sans perdre le sens de la mélodie.

Il fait notamment appel au producteur Paul Hardiman – également producteur de Rattlesnakes (1984) de Lloyd Cole And The Commotions – avec lequel il retravaille « Perfect », ainsi qu’à plusieurs instrumentistes qui contribuent à enrichir les compositions: Zeke Manyika, le batteur zimbabwéen d’Orange Juice mais aussi Jools Holland, ex-claviériste de Squeeze et futur animateur de show télévisé.

La majorité de l’album est enregistrée au studio The Garden, à Shoreditch, dans l’est de Londres.

L’influence de la scène new-yorkaise du début des années 1980 se ressent dans cette volonté de mélanger les genres. Pourtant, Soul Mining ne se résume jamais à une simple imitation des tendances de l’époque : son atmosphère, sa construction et ses textes portent la marque très personnelle de Matt Johnson.

Le titre Soul Mining, que l’on pourrait traduire par « extraction de l’âme », résume parfaitement la démarche de Johnson. Ses chansons explorent les contradictions intérieures, les amours incertaines, les désillusions et le sentiment d’étrangeté face au monde.

L’album est porté notamment par les singles « This Is the Day » et « Uncertain Smile ».

La pochette originale britannique de Soul Mining présente une peinture d’Andy Dog, le frère de Matt Johnson, inspirée par une photographie associée à l’entourage de Fela Kuti.

Fiona Skinner conçoit pour sa part la typographie de la pochette et le logo de The The, qui apparaît alors pour la première fois et sera repris sur de nombreuses publications ultérieures.

À sa sortie, le 21 octobre 1983, Soul Mining reçoit des critiques favorables mais connaît un succès commercial relativement modeste, atteignant la 27e place du classement britannique.

Les singles « Uncertain Smile », « Perfect » et « This Is the Day » contribuent à installer progressivement le nom de The The dans le paysage musical britannique.

La reconnaissance du disque s’amplifie au fil des années. En 2019, Soul Mining obtient la certification disque d’or au Royaume-Uni, récompensant une popularité durable.

Entre post-punk, synth-pop et expérimentations électroniques, Matt Johnson y transforme ses tourments personnels en chansons pop fascinantes, à la fois mélancoliques, lumineuses et profondément humaines.

Plus de quarante ans après sa parution, cet album demeure l’un des grands disques britanniques des années 1980.