
Album du mois – ACTORS – Our Love Will Live Forever
Date de sortie : 4 septembre 2026
Label : Artoffact Records
Originaire de Vancouver, ACTORS s’est imposé depuis plus d’une décennie comme l’un des groupes importants de la nouvelle scène post-punk et darkwave. Formé autour du chanteur, guitariste et compositeur Jason Corbett, le quatuor canadien réunit aujourd’hui Shannon Hemmett aux synthétiseurs et au chant, Kendall Wooding à la basse et Adam Fink à la batterie.
Après It Will Come to You en 2018 et Acts of Worship en 2021, ACTORS revient avec Our Love Will Live Forever, son troisième album studio, publié le 4 septembre 2026 par Artoffact Records.
Derrière ce titre évoquant l’éternité se cache pourtant une histoire beaucoup plus personnelle. Our Love Will Live Forever avait été baptisé avant que Jason Corbett ne soit confronté, pendant l’écriture et l’enregistrement, à un accident cardiaque. L’événement interrompit temporairement les sessions et contraignit le musicien à envisager la possibilité de ne jamais terminer le disque, ni même de remonter un jour sur scène.
Cette expérience a forcément donné au nouvel album une résonance particulière. Mortalité, mémoire, amour et nécessité de profiter du présent traversent ainsi le disque.
Jason Corbett a confié : « Être conduit aux urgences et passer plusieurs jours en unité de soins cardiaques m’a plongé dans une profonde réflexion »… « Allais-je terminer l’album ? Remonterais-je un jour sur scène ? J’ai reçu une seconde chance de chérir chaque expérience et de vivre l’instant présent. Mon objectif était d’insuffler cette énergie à l’album. »
Quant au titre Our Love Will Live Forever, Jason Corbett a expliqué qu’il l’avait choisi avant même l’événement qui allait lui donner une résonance beaucoup plus personnelle : ces mots proviennent de la tombe de ses grands-parents.
Jason Corbett a également assuré la production de l’album depuis Jacknife Sound, son studio de Vancouver.

01. CTRL
Dès « CTRL », ACTORS donne le ton. Le morceau repose sur une basse omniprésente, un beat disco et des synthés qui installent immédiatement une atmosphère dansante.
Difficile de ne pas imaginer le titre propulsé sur une piste de danse goth ou post-punk, entre silhouettes noires et stroboscopes.
« CTRL est un cri de ralliement, une réaction à un monde qui échappe à tout contrôle », explique Jason Corbett. « Rester fidèle à soi-même est un acte de résistance. »
02. Youth
Avec « Youth », ACTORS revient vers une formule plus franchement post-punk. La basse de Kendall Wooding et la batterie d’Adam Fink forment une mécanique particulièrement efficace, tandis que Jason Corbett adopte cette voix grave, distante et légèrement mélancolique devenue l’une des signatures du groupe.
C’est probablement l’un des titres qui résument le mieux le savoir-faire d’ACTORS : écrire une chanson sombre et mélancolique qui donne paradoxalement envie de bouger.
03. Stimulation
Avec « Stimulation », le quatuor pousse encore un peu plus loin son versant electro-pop. Les claps, la basse et les sonorités new wave donnent au morceau une dimension résolument dansante.
Le titre commence presque comme du DEVO avant de se transformer progressivement en véritable machine EBM, avec une efficacité qui devrait particulièrement séduire les amateurs de dancefloor. Un tube !
04. Left On Read
« Left On Read » est probablement l’un des titres les plus représentatifs de la dimension émotionnelle de l’album.
Le titre fait évidemment référence à ces messages restés sans réponse, à l’attente devant un écran et à cette forme très contemporaine de solitude où quelques mots absents peuvent prendre une importance démesurée.
Musicalement, le morceau repose davantage sur la basse et les guitares, avec une urgence post-punk qui contraste avec les pulsations plus ouvertement dance de « Stimulation ».
05. Dead Inside
Déjà dévoilé en single, « Dead Inside » constitue l’un des moments les plus ouvertement gothiques de l’album.
L’introduction installe une atmosphère sombre avant que le refrain ne fasse progressivement remonter la lumière. Le morceau possède cette élégance funèbre qui renvoie naturellement aux grandes heures du goth rock, avec notamment un parfum de « Bela Lugosi’s Dead » de Bauhaus.
La production de Jason Corbett, demeure particulièrement maîtrisée, laissant suffisamment d’espace aux guitares, à la basse et aux textures électroniques pour construire cette atmosphère à la fois sombre et lumineuse.
06. Object Of Desire
Avec « Object Of Desire », l’album prend une tournure plus sensuelle.
La basse hypnotique et les synthétiseurs sombres de Shannon Hemmett créent une atmosphère où l’influence de la dark disco se fait particulièrement sentir.
Le morceau se distingue notamment par le traitement des deux voix. Elles semblent parfois fusionner avant de se séparer au moment du refrain, créant une forme de dialogue qui accentue la dimension séduisante du morceau.
ACTORS démontre une nouvelle fois sa capacité à transformer la darkwave en musique de club.
07. In Real Life
« In Real Life » constitue l’un des moments les plus mélancoliques de l’album. Le morceau abandonne en partie l’efficacité immédiate des titres précédents pour privilégier l’émotion. La voix de Jason Corbett devient particulièrement vulnérable et donne au titre une profondeur supplémentaire.
L’influence de la coldwave et du post-punk mélancolique est ici évidente. On pense à The Cure dans sa capacité à transformer une mélodie pop en morceau profondément triste, mais aussi à The Chameleons pour cette alliance entre guitares atmosphériques, basse mélodique et voix distante.
08. I’m Not Here
« I’m Not Here » ramène une noirceur plus affirmée. Les guitares prennent davantage de place, avec une coloration glam, tandis que les synthétiseurs maintiennent le morceau dans cet espace situé entre post-punk et darkwave.
Le riff de guitare évoque notamment la reprise de « Third Uncle » d’Eno par Bauhaus.
09. Exploded View
Avec « Exploded View », ACTORS regarde du côté de New Order, tout en ajoutant une évidente influence Italo disco.
Les sonorités froides, les synthétiseurs et le rythme donnent au morceau une coloration particulièrement 80’s.
Une nouvelle fois, ACTORS utilise ses références comme une matière première pour construire un morceau qui reste profondément ancré dans son propre univers.
10. Bad Boys (Don’t Go To Heaven)
L’album se termine avec « Bad Boys (Don’t Go To Heaven) », un titre qui surprend par son côté plus léger et plus ouvertement indie.
Après l’atmosphère sombre de « I’m Not Here » et « Exploded View », ACTORS choisit ici une approche plus directe, portée par une mélodie accrocheuse et un refrain facile à retenir.

Avec Our Love Will Live Forever, ACTORS poursuit son exploration d’un territoire où le post-punk, la new wave, la darkwave et la synthpop se rencontrent sur le dancefloor. Mais derrière les basses profondes, les synthétiseurs et les rythmiques dansantes, le groupe conserve cette part de mélancolie qui constitue depuis longtemps l’une de ses principales signatures.
Une basse qui accroche, une ligne de synthé qui reste en tête, une voix grave et distante, puis soudain une mélodie qui ouvre une brèche plus émotionnelle : c’est dans cet équilibre entre ombre et lumière que le groupe trouve aujourd’hui son identité.
ACTORS fait danser la mélancolie. Et franchement, on en redemande !
