Album du mois – Ride – This Is Not A Safe Place

Release Date: 16 août 2019
Label: Wichita Recordings

 

En 1988, Andy Bell et Mark Gardener, alors étudiants en école d’art et de design, décident de former Ride avec deux amis, Laurence Colbert et Steve Queralt.

Lors d’un concert à Oxford, Jim Reid assiste à leur prestation. Séduit, il en parle au patron de son label, le légendaire Alan McGee, fondateur de Creation Records, qui décide finalement de signer le jeune quatuor.

Fer de lance du mouvement shoegaze aux côtés de My Bloody Valentine, Lush, Slowdive ou Chapterhouse, Ride publie en 1990 son premier album, Nowhere, devenu un classique du genre.

Après plusieurs albums, des tensions internes conduisent le groupe à se séparer en 1997. Andy Bell fonde Hurricane No. 1 avant de rejoindre durablement Oasis. De son côté, Mark Gardener entame une carrière solo.

Ride signe finalement son retour en 2017 avec Weather Diaries, premier disque en vingt et un ans, qui atteint la 11ᵉ place des charts britanniques.

Publié en plein mois d’août, This Is Not A Safe Place est le sixième album studio du groupe, produit par Erol Alkan.

La pochette de This Is Not A Safe Place rappelle immédiatement celle de Nowhere, l’album fondateur qui a contribué à définir les contours du shoegaze en 1990.

Le disque s’ouvre avec R.I.D.E., un instrumental dense et saturé, dans la lignée de My Bloody Valentine.

Les singles Future Love et Repetition offrent des guitares luxuriantes, des harmonies vocales élégantes et une basse entraînante : de véritables tubes.

Changement d’ambiance avec Kill Switch, morceau plus abrasif où la batterie de Laurence Colbert tourne à plein régime tandis que la guitare grinçante d’Andy Bell malmène nos oreilles.

Déjà troisième single extrait de l’album, Clouds of Saint Marie accompagne une vidéo montrant un ballon dérivant dans un ciel nuageux, comme un symbole mélancolique de fin d’été.

Eternal Recurrence constitue l’un des moments les plus touchants du disque. Avec Dial Up, Ride mêle habilement synthétiseurs et guitares acoustiques, non sans un clin d’œil aux sonorités de modems ADSL première génération… et à The Dandy Warhols.

Shadows Behind the Sun prolonge la veine contemplative, peut-être la ballade de trop.

En revanche, 15 Minutes et End Game se révèlent particulièrement efficaces, portés par des voix détachées et des rythmiques irrésistibles.

Ride touche finalement à la grâce avec deux véritables pépites: Jump Jet et In This Room.

Jump Jet illustre parfaitement la nouvelle direction musicale du groupe. Probablement le morceau le plus abouti depuis leur reformation, il aborde le caractère déshumanisant de la vie en tournée. On en viendrait presque à lancer une pétition auprès de Wichita Recordings pour qu’il devienne le prochain single.

Enfin, In This Room montre Ride à son sommet. Sur près de neuf minutes, les instruments se superposent pour créer une atmosphère langoureuse qui évoque l’album Faith de The Cure. Un final hypnotique.

Avec cet album, une nouvelle ère semble s’ouvrir pour Ride.