Nightbus – Passenger

Nightbus Youtube
Release Date: 10 octobre 2025
Label: Melodic Records

Info

Il y a des albums qui ressemblent à des cartes postales. Et puis il y a ceux qui évoquent une rue déserte à 3 h du matin : le vent qui fait vibrer les panneaux, un lampadaire qui clignote, et ce sentiment étrange d’être seul avec soi-même. Passenger, le premier album de Nightbus, appartient sans conteste à cette deuxième catégorie.

Originaire de Manchester, Nightbus se distingue comme l’un des groupes les plus fascinants de la nouvelle scène alternative britannique. Formé par Olive Moretti (chant, synthés) et Jake Cottier (production, claviers), le duo construit un univers sonore nocturne, à la frontière du post-punk, de la new wave et d’une électro brumeuse héritée du trip-hop.

Le nom du groupe — Nightbus — en dit long sur leur esthétique : une musique pensée comme un trajet solitaire dans la nuit, guidée par les lumières urbaines et les silences qui s’étirent entre deux arrêts. Une image qui deviendra leur signature.

Dès leurs premiers singles, le duo séduit par une cohérence rare : visuels en noir et bleu, silhouettes floutées, clips tournés dans des parkings vides ou des rues désertes. Leur son, à la fois froid et enveloppant, oscille entre New Order, Portishead, l’austérité minimaliste de la cold wave européenne et des mélodies pop intimistes.

Signé sur le label indépendant Melodic Records, réputé pour son flair envers les artistes hybrides et audacieux, Nightbus enregistre Passenger avec le producteur Alex Greaves, déjà à l’œuvre sur les albums de bdrmm, HONESTY, Heavy Lungs et Working Men’s Club.

Enregistré à Leeds, Passenger est sorti le 10 octobre 2025.

L’album débute avec l’instrumental atmosphérique “Somewhere, Nowhere”. Des nappes sombres et une pulsation ralentie installent immédiatement l’auditeur dans les ténèbres douces de l’album, préparant le terrain pour le mélange de mélancolie et d’énergie que Nightbus développera tout au long du disque.

“Angles Mortz” se révèle dès les premières notes comme un des points culminants de l’album. Une basse tranchante, un chant fiévreux et un refrain entêtant incarnent parfaitement le post-punk électro qui fait la signature du duo.

“False Prophet” ralentit le tempo pour créer un effet hypnotique, construit en crescendo. La voix d’Olive Rees y devient prophétique, oscillant entre murmure et menace voilée. La chanson rappelle l’atmosphère glaciale de Xmal Deutschland, tout en y percevant des touches techno-acid évoquant Orbital.

“Fluoride Stare” offre une bouffée de lumière, teintée d’influences 80’s, mais conserve une distance mélancolique, signature de l’univers Nightbus.

Avec “The Void”, le duo plonge plus profondément dans une atmosphère trip-hop et gothique. La reverb enveloppe la voix et les instruments, créant un paysage sonore sombre. Le morceau puissant et introspectif, explore la codépendance et les conflits intérieurs. Il rappelle les boucles hypnotiques de Curve et le travail du duo suédois I Break Horses.

“Ascension” constitue la parenthèse lumineuse de l’album. Single phare, il mêle énergie dansante et sensibilité dramatique, évoquant les clubs des années 2000 et les rythmes new-yorkais. On salue son équilibre entre euphorie et tension : « On a vraiment l’impression d’assister à la fin de quelque chose, et c’était intentionnel », expliquent les membres.

Le clip, co-réalisé avec Beck Cooley, illustre la chanson comme un feu d’artifice visuel, alternant bleu glitch et rose néon.

La deuxième face s’ouvre avec “Just A Kid”, un interlude dépouillé et quasi intime. Les samples soigneusement sélectionnés font revivre le morceau house du même nom, issu des débuts du groupe, dans une réinterprétation dream-pop à l’énergie brute.

“Host” est l’épine dorsale de Passenger. Six minutes mêlant dub, dubstep spectral et montée dramatique. Sans aucun doute, le titre le plus audacieux et marquant de l’album.

“Landslide” déploie une dream-pop fragile et émotionnelle. Les guitares cristallines et les mélodies lumineuses s’entrelacent avec des lignes de basse vibrantes, soutenues par un rythme dansant.

“Renaissance” adopte un ton plus sombre, explorant la lutte intérieure et les identités multiples.

“7AM”, lui, clôt la nuit avec réalisme : gueule de bois, lumière grisâtre et sentiment de fin de fête. Une conclusion mélancolique qui contraste avec les élans euphorisants d’“Ascension”.

Le disque s’achève sur “Blue in Grey”,  un morceau apaisé et méditatif. Une sortie douce, comme un dernier regard par la fenêtre (du bus) avant la fin du trajet.

 

 

Avec Passenger, Nightbus s’impose comme un acteur majeur de la scène post-punk / électro contemporaine.

Le duo mancunien signe un premier album ambitieux, dense et cohérent qui oscille entre mélancolie, tension, sensualité, transe et moments de libération

« Nous sommes des voyageurs dans notre propre corps ; un alter ego nourrit nos secrets, nos fantasmes, notre honte et nos peurs, perdus dans les bas-fonds de l’humanité. » Nightbus

You're Gonna Need Someone On Your Side