ALBUM DU MOIS – NASTYJOE – The House

The House est premier album de NASTYJOE.

Après un premier EP, le groupe bordelais a enchainé les tournées, les singles et s’est stabilisé autour du chanteur-guitariste, Robin Rauner. Il est désormais entouré de Bastien Blanc (guitare), Nicolas Acquaviva (Basse) et du batteur, François Garcia.

Le quatuor développe un post-punk sombre et mélodique, nourri d’influences britanniques et irlandaises.

The House est sorti le 16 janvier 2026 via les labels M2L Music et À Tant Rêver Du Roi. Le disque a été enregistré et mixé par Baptiste Leroy (Structures, Johnny Jane…).

« Avec ce titre on voulait exprimer le fait d’avancer dans l’âge puis de regarder avec des yeux d’adultes ce qu’on a regardé avec des yeux d’enfants.
On trouvait la symbolique assez sympa d’avoir la maison comme catalyseur de souvenirs. Toutes ces choses qui se fixent dans le temps et un certain regard idéaliste des années après. On l’a imaginé comme ci chaque morceau était une pièce de la maison.
En plus pour l’enregistrement on était dans une vieille maison et on a fixé des souvenirs dans cette maison. Ça a fait écho.

Pour la création on a tous écrit dessus sans se mettre des freins. Ça permet de pas se brider. Une fois qu’on a pas mal de matières ça se resserre doucement jusqu’aux titres finaux ». 

 

L’ouverture, Strange Place, installe immédiatement une atmosphère presque anxieuse, qui ne quittera plus l’album En un peu plus de trois minutes, le groupe impose une tension sourde, portée par des guitares anguleuses et une rythmique contenue. L’urgence narrative rappelle Fontaines D.C.

 

Le morceau-titre, The House, pose le concept de l’album : enfermement, observation de soi, murs mentaux. La basse lourde et la gravité du chant évoquent inévitablement l’héritage de Joy Division, dans une approche épurée.

 

Avec Dog’s Breakfast, le disque gagne en nervosité. Le morceau est plus sec, plus frontal, laissant éclater une belle énergie post-punk . Les guitares tranchantes et la dynamique rythmique rappellent l’urgence contemporaine de Idles, tout en conservant une retenue très britannique.

Worried For You est un titre toujours rock mais légèrement mâtiné de pop. Plus court, plus direct, le morceau joue sur la répétition et la tension.

 

La piste 5, Hole in the Picture, s’impose comme l’un des moments les plus marquants de l’album. Mélancolique et introspectif, le morceau développe une montée progressive, jouant sur les textures et la retenue. L’influence de The Cure (période sombre et atmosphérique) y est palpable.

 

La tension se fait plus froide sur Wire. Minimaliste et hypnotique, le morceau repose sur la répétition et une rigueur presque mécanique. La filiation avec Wire ou Interpol s’impose naturellement. Un tube!

 

Le diptyque Things Unsaid Part I et Things Unsaid Part II constitue le cœur émotionnel du disque. Plus atmosphériques, ces deux titres explorent le non-dit, les silences et les tensions internes.  L’ensemble évoque une facette plus sombre et texturée du post-punk moderne, proche de Preoccupations.

 

Blood in the Back ramène une énergie indie rock plus brute. Un morceau taillé pour la scène.

Enfin, Cold Outside referme The House avec une élégance sombre. Plus ample, presque crépusculaire, le titre laisse une impression de solitude persistante.

 

The House s’impose comme un premier album solide, habité et parfaitement cohérent.

NASTYJOE y démontre une compréhension fine des codes du post-punk — britannique, irlandais et contemporain — pour construire un disque introspectif, tendu et sincère.

Un disque qui confirme le groupe comme une valeur montante de la scène post-punk française.