Album du mois – IST IST – DAGGER

Release Date: 6 février 2026

Label: Kind Violence Records

Il y a des groupes qui suivent la vague post-punk. Et puis il y a ceux qui la creusent patiemment, disque après disque.

Depuis le Grand Manchester, IST IST s’est construit sans hype tapageuse, sans storytelling artificiel.

Album après album, le quatuor – Adam Houghton (chant), Mat Peters (guitare et synthétiseurs), Andy Keating (basse) et Joel Kay (batterie) – a élargi sa palette, passant d’une noirceur minimaliste à des textures plus mélodiques et accessibles.

Produit par Joe Cross (Courtneers et Slow Readers Club), ce cinquième album studio baptisé DAGGER, est sorti le 6 février 2026 sur leur label Kind Violence Records.

« Nous avons commencé à travailler sur l’album dès notre retour de tournée européenne fin 2024. L’énergie qu’on conserve après une tournée est puissante et on est encore dans cet état d’esprit live. Du coup, la musique qu’on compose à ce moment-là est plus viscérale. On se laisse porter par l’inspiration plutôt que d’être méthodique. Au final, on se retrouve avec une collection de chansons déjà prêtes pour la scène.»

Le morceau d’ouverture, I Am The Fear, donne le ton avec une efficacité implacable, plongeant immédiatement l’auditeur dans l’univers de Dagger.

Bâti sur une ligne de basse tendue, répétitive et une batterie au rythme martial, le morceau est un tube !

« I Am The Song Stuck On Repeat… I Am The Fear », chante Adam Houghton. Le morceau est gorgé de synthés oscillants et de guitares puissantes comme on les aime.

Le single est accompagné d’un clip filmé dans le décor délabré d’un théâtre victorien. Il offre une performance captivante de l’acteur Oliver Marson.

 

 Makes No Difference et Warning Signs possèdent le potentiel d’hymnes capables de remplir salles et stades de leurs refrains irrésistibles.  

On imagine le groupe enflammer la scène du Manchester Albert Hall et le public reprendre en coeur « It makes no difference what you say, All this will surely fade away, I just can’t sit and watch, I am hopeless for your loving touch».

Tandis que Burning avec la ligne de basse implacable d’Andy Keating, ne vous lâche plus, The Echo reprend les bases électro du single I Am The Fear. Imparable et addictif !

La face B de l’album s’ouvre avec le fantastique Encouragement. Dés les premières mesures, on saute dans la fosse. La batterie de Joel Kay est magnétique, la basse d‘Andy vous colle à la sono tandis que le synthé et la guitare de Mat Peters vous hypnotisent.

I Remember Everything monte en puissance de façon irrésistible jusqu’à un refrain puissant, une formule simple qu’ils ont appliquée avec constance tout au long de leur carrière, mais toujours avec plus d’intensité et de conviction.

Obligations, le morceau le plus court de l’album, est sans doute celui qui se rapproche le plus de New Order. Un titre, taillé pour les radios, grâce à un refrain entêtant qui vous transporte.

Song For Someone est une belle ballade synthpop tout en retenue. Un moment plus expérimental. La chanson marque une nouvelle fois une rupture avec la formule habituelle d’IST IST. Le travail sur les synthétiseurs est ici éthéré, scintillant et délicat. L’ensemble soutient parfaitement la voix d’Adam.

Ambition referme l’album dans une ambiance planante et immersive. 

Basses puissantes, batterie percutante et riffs puissants propulsent le morceau, le tout imprégné de paroles sombres.

Le chanteur Adam Houghton délivre un message: « J’ai perçu le désespoir dans tes mots… » et « J’ose à peine imaginer ce qui se cache au fond de ton esprit… ». Le chanteur mancunien fait remonter à la surface toutes les vérités dérangeantes.

Avec DAGGER, IST IST signe son disque le plus abouti.

Sombre et mélancolique, l’album donne irrésistiblement envie de se lever et de danser.

Ce cinquième opus confirme que le groupe n’est pas seulement un héritier du post-punk, mais un artisan patient qui construit, disque après disque, une œuvre cohérente et profondément humaine.

Un disque qui se prête aussi bien à une écoute au casque dans un tramway pluvieux de Manchester que dans une salle de concert.