Album du mois – The Apartments – In and Out of the Light
J’ai découvert The Apartments grâce à la chanson “Mr Somewhere”, reprise en 1991 par This Mortal Coil sur l’album Blood.
Les albums du groupe originaire de Brisbane, mené par son charismatique leader Peter Milton Walsh, se sont succédé jusqu’en 1997 : d’abord The Evening Visits… and Stays for Years (Rough Trade), désigné album de l’année par le NME en 1985, puis Drift (1992), distribué par New Rose. Suivront trois autres disques : A Life Full of Farewells (1995), Fête Foraine (1996) et Apart (1997).
En 1997, Apart restera longtemps sur ma platine. Puis, le silence…
En 2015, après un hiatus discographique de dix-huit ans, The Apartments publie No Song, No Spell, No Madrigal, un album profondément marqué par le deuil — son fils âgé de quatre ans est décédé en 1999 — mais aussi par une forme de renaissance.
Aujourd’hui, The Apartments revient avec un nouvel opus, In and Out of the Light, paru le 18 septembre chez Talitres.
L’enregistrement de ce septième album studio débute à Sydney à la fin de l’hiver 2019. Le mixage final est achevé en Australie en 2020, peu avant les confinements. Peter Milton Walsh et son bassiste Eliot Fish travaillent avec le producteur Tim Kevin dans son studio de Marrickville, tandis que les musiciens français Natasha Penot et Antoine Chaperon enregistrent leurs parties dans différents studios en France. Le batteur anglais Nick Allum, lui, travaille à Londres.
In and Out of the Light se rapproche par certains aspects de A Life Full of Farewells (1995), notamment par ses arrangements acoustiques délicats. L’album dresse, selon le songwriter australien, « le portrait de personnages à la recherche d’une nouvelle vie après une perte, une séparation ou un bouleversement ».

Le disque s’ouvre sur Pocketful of Sunshine. Dix secondes suffisent pour être à nouveau conquis par la guitare acoustique de Peter Milton Walsh.
« Après un concert à Paris, quelqu’un m’a confié que les chansons de The Apartments l’avaient aidé à traverser une période difficile », explique-t-il. « Cela m’a immédiatement interpellé. J’ai toujours été fasciné par la manière dont les gens se mettent en difficulté et parviennent à s’en sortir. Pour certains, un événement — la mort, un divorce — bouleverse totalement leur existence. La vie ne leur a rien épargné, et pourtant ils continuent d’avancer. C’est à cela que je pensais en composant Pocketful of Sunshine. »
La qualité de l’enregistrement est remarquable sur Write Your Way Out Of Time. Cette pop élégiaque devrait ravir les admirateurs de Burt Bacharach, avec une chanson centrée sur la rupture amoureuse.
Where You Used to Be s’inscrit dans une atmosphère mélancolique similaire, où cordes et voix se superposent avec finesse. What’s Beauty To Do? accélère le tempo et rappelle The Goodbye Train, présent sur Drift.
Peter Walsh démontre une nouvelle fois son talent pour les mélodies pop, dans la lignée de The Go-Betweens, groupe dont il fit brièvement partie en 1978.
Butterfly Kiss est une chanson sombre et désenchantée, cousine éloignée du titre Holocaust de Big Star.
Le tonnerre et la pluie introduisent We Talked Through Till Dawn : piano, cuivres et voix y atteignent un sommet de spleen.
I Don’t Give a Fuck About You Anymore figure parmi mes morceaux préférés avec le titre d’ouverture : une composition magnifique et mélancolique que l’on a envie d’écouter à l’infini.
Avec ses 6’40, The Fading Light est la pièce la plus longue de l’album. Le disque s’achève comme il avait commencé, dans une douceur mélodique bouleversante :
“They drove on through the fading light / I’ll never leave you, that’s what I said, I’ll never leave you”, chante Peter Milton Walsh sur ce titre final.
In and Out of the Light est une véritable pépite, l’œuvre d’un auteur-compositeur-interprète rare, l’un des derniers capables d’envoûter durablement ses auditeurs.
Un album qui devrait rester longtemps sur ma platine.

