Album du mois – Nation Of Language – Introduction, Presence

Release Date: 22 mai 2020

Label: self-released

Originaire de Brooklyn, Nation of Language est un trio qui s’est progressivement imposé sur la scène new-yorkaise au fil des années.

Au début des années 2010, Ian Devaney menait un groupe de rock du New Jersey nommé Static Jacks. Après la sortie de quelques albums, la formation finit par se séparer. En 2014, Ian Devaney décide alors de lancer un nouveau projet avec sa femme Aidan Noell aux claviers et Michael Sui-Poi à la basse, ancien compagnon de route chez Static Jacks. Ainsi naît Nation of Language. Leur musique, largement dominée par les synthétiseurs, évoque immédiatement le meilleur des années 80.

La voix de Ian Devaney rappelle celle de Matt Berninger, chanteur baryton de The National. On peut également percevoir des intonations proches de Neil Arthur de Blancmange.

Introduction, Presence est le premier album du trio. Dix titres où les synthés occupent une place centrale. Les influences sont évidentes : New Order, Japan, Kraftwerk ou encore LCD Soundsystem. Ian Devaney confie d’ailleurs avoir eu une véritable révélation en découvrant « Electricity » de Orchestral Manoeuvres in the Dark.

Le morceau d’ouverture, « Tournament », débute par quelques nappes de synthés posées sur un rythme de batterie minimaliste. La voix réverbérée d’Ian Devaney accompagne une réflexion mélancolique sur une vie passée à attendre l’amour. Il s’agit de l’un des titres les plus lents de l’album.

« Rush & Fever », que nous avions désigné Single of the Week, est une petite merveille d’électro-pop, calibrée pour rester en tête dès la première écoute.

« On Division St. » figure parmi les moments forts du disque, notamment grâce à sa parenté évidente avec « Bizarre Love Triangle » de New Order.

L’ombre des années 80 plane constamment sur l’album, que ce soit à travers les synthés évoquant OMD sur « Automobile » ou la basse rappelant Japan sur « Sacred Tongue ».

À propos du single « Friend Machine », Ian Devaney explique : le morceau traite de sa relation personnelle, parfois malsaine, avec la technologie. Comme beaucoup d’entre nous, il reconnaît y consacrer beaucoup trop de temps. Musicalement, le titre évoque The Human League période « Being Boiled ».

L’électro froide de « The Motorist » s’inscrit clairement dans l’héritage de Kraftwerk.

L’album se conclut avec « The Wall & I », un mélange particulièrement réussi entre « Age of Consent » de New Order et « All My Friends » de LCD Soundsystem.

Avec Introduction, Presence, Nation of Language propose une relecture fraîche et inspirée des sonorités emblématiques des années 80.

Un premier album particulièrement abouti, qui révèle un groupe déjà pleinement maître de son identité sonore.