Album du mois – The Electric Soft Parade – Stages

Release Date: 8 janvier 2020
Label: Chord Orchard

 

The Electric Soft Parade signe son retour avec un album intitulé Stages.

Depuis la sortie de Idiots en 2013, les frères Alex White et Tom White n’ont pas été épargnés par les difficultés matérielles, notamment les problèmes financiers rencontrés par leur maison de disques. Pour ce nouvel album, le sort s’est de nouveau acharné sur le duo originaire de Brighton : la mise en liquidation judiciaire de la plateforme de financement participatif PledgeMusic a failli empêcher Stages de voir le jour.

Finalement, après sept années de silence, The Electric Soft Parade effectue un retour inattendu avec le soutien du label Chord Orchard.

Ce cinquième album a été écrit en hommage à leur mère, décédée durant l’enregistrement de Idiots. Enregistré avec les producteurs Chris Hughes (Tears for Fears) et Mike Rowe (Noel Gallagher’s High Flying Birds, Oasis), Stages se compose de sept morceaux.

L’album s’ouvre avec « Saturday », une ballade guitare-piano qui aurait aisément trouvé sa place sur le disque d’un crooner. Le résultat est superbe, presque jazzy.

« Never Mind », sans doute la pièce maîtresse de l’album, est le type de chanson que tout compositeur rêverait d’écrire au moins une fois dans sa carrière : entêtante, langoureuse, d’une élégance mélodique rare. Derrière sa douceur se cache pourtant un thème douloureux, celui du décès de la mère d’Alex et Tom White.

La vidéo qui accompagne ce titre utilise des extraits d’un documentaire consacré à la psychiatrie et aux soins institutionnels dans l’Amérique des années 1970. Elle fait écho, pour le groupe, à leur propre expérience de la maladie et du déclin physique.

Troisième piste, « The Bargain » redonne toute leur place aux guitares et aux rythmes psychédéliques dans une composition de plus de sept minutes, à la fois audacieuse et expérimentale.

« Left Behind » et « On Your Own » rappellent l’esprit de Holes in the Wall (2002), premier album remarquable du groupe. Ces titres pop mélodiques évoquent notamment les premières compositions de Doves.

« Left Behind » se conclut par un clin d’œil au classique « Walk On By » de Burt Bacharach.

« On Your Own », la chanson la plus longue du disque, mêle guitares, piano et trompettes dans une progression riche et immersive.

« Roles Reversed », premier single dévoilé l’année précédente, donnait déjà un aperçu du ton de l’album. Un titre ample, à l’image d’un disque dont toutes les compositions s’étendent entre cinq et douze minutes.

L’album s’achève en apothéose avec « Fragments », une ballade qui séduira sans aucun doute les amateurs des premiers albums de Coldplay. La mélodie y est particulièrement inspirée, tandis que la voix d’Alex White s’illustre au milieu d’arrangements mêlant instruments à vent et à cordes. Les cris d’enfants jouant joyeusement qui clôturent l’album apportent une touche lumineuse, permettant à Stages, malgré ses thèmes liés à la souffrance, au deuil et à la santé mentale, de se conclure sur une note positive et pleine d’espoir.

Stages s’impose sans conteste comme l’un des albums marquants de l’année. Il symbolise la renaissance de The Electric Soft Parade.